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Extrait du chapitre IV

 

L'EXPÉRIENCE DE MORT IMMINENTE

 

 

Une EMI « en différé »

« La NDE est une expérience unique, merveilleuse et... inexprimable. Malgré cette restriction, je vais tenter d’en rendre compte.

En juillet 1999, enceinte de 8 mois je suis victime d’une disjonction de la symphyse pubienne. On me conduit en urgence à l’hôpital et, deux jours plus tard, mon gynécologue décide de provoquer l'accouchement.

J’étais seule avec mon mari dans la salle d'accouchement quand, en une seconde, je me suis sentie partir. Je savais que j’allais mourir. C'était clair et net. Après de violentes nausées j’ai fait un malaise, toutes mes forces m'abandonnaient. J'ai lutté de toutes mes tripes, en vain. Alors j'ai lâché prise ! Aussitôt les nausées, la peur, le malaise ont disparu pour laisser place à un bien-être indescriptible. Comme si j'étais transportée, avec bonheur et amour, dans des nuages faits de la ouate la plus douce. Puis, l'espace d'un instant, je suis partie... C'est tout ce dont je me souviens. Mais au retour ce fut horrible. Une tristesse indescriptible, inexplicable, s'était installée en moi. Je me sentais profondément changée, plus à ma juste place.

Revenue chez moi, mes douleurs ne m'avaient pas abandonnées et je ne pouvais toujours pas dormir ; trois ou quatre heures au mieux. Je me couchais aux aurores avec, toujours, cette impression atroce de tristesse, de décalage. Et puis une nuit, comme si un voile se déchirait, la mémoire m’est revenue. J'ai revu ma NDE ! Cette NDE vécue lors de mon accouchement. La revivre ainsi, a posteriori, m'a donné l'explication de ce que je ressentais depuis presque trois mois.

Comment s’est déroulée ma NDE ? Je me retrouve immédiatement dans ce fameux tunnel noir ; c'est noir, très noir, mais on y voit parfaitement. Je n’ai pas vu de présences mais, par contre, je les ai ressenties très nettement. Puis, au loin, j’aperçois la lumière. Elle est merveilleuse, d'une très grande puissance et pourtant elle n'éblouit pas. La distance paraît immense mais j'arrive si vite vers elle... comme par enchantement. Et elle est si vivante ! Je me souviens qu’avant de voir la lumière, je me sentais très angoissée, car je ne savais pas où j'étais, ce que je faisais là. Mais dès que je l'ai vue, elle m'a rassurée et il n'y a plus eu qu'elle. Toutes mes appréhensions se sont envolées. L'impression est énorme, indescriptible. Il n'y a qu'Amour. Pas de jugement. Là, j'ai eu le choix : rester ou retourner ! Tout cela, sans paroles, juste un échange de pensées. J'ai choisi sans aucune hésitation de revenir, pour mes 3 enfants. Ils avaient encore tant besoin de moi !

Par la suite ma vie a totalement changé de sens. Au début, ce fut très difficile. Souvent, je percevais des choses qu’auparavant je n'aurais jamais perçues avec une telle netteté : la bêtise humaine et la méchanceté en particulier. C'était comme si je lisais dans les pensées des autres. J’avais acquis une forme de médiumnité... Mais je paniquais à l'idée de m'endormir car, depuis le rappel de ma NDE, je me sentais partir dès que je me détendais. J’étais bel et bien entre deux mondes, au point que les psychiatres ont émis un diagnostic : dépression du post-partum. Ils m’imaginaient suicidaire, alors que je ne voulais pas mourir. Simplement, je n'étais plus vraiment là, plus ancrée dans cette réalité. On m'a hospitalisée dans un service psychiatrique et j'ai eu beau hurler que je n'étais pas dépressive, rien n'y a fait. J’y suis restée six semaines avant qu’ils s’aperçoivent que je n'étais pas dépressive mais épuisée, triste et en proie à la plus belle et grande colère qu'ils aient jamais vu.

Peu à peu je suis parvenu à la compréhension des messages que je recevais, de ce " manteau d'amour " que je ressentais chaque fois que j'en avais besoin, chaque fois que quelque chose n'allait pas. De retour à la maison, le vrai travail a commencé : je réapprenais à vivre autrement, avec difficulté. Davantage dans le respect de moi-même et avec d'autres valeurs. J’ai compris que notre rôle est d'accompagner et de soutenir avec compassion. Mais pas d'obliger, de contrôler, de juger…

Dans cette histoire, c'est bien l'amour qui a triomphé. Cette expérience est une immense leçon de vie. Je me rends compte de tout ce chemin parcouru. Et c'est en le racontant que je le vois encore mieux. Les souvenirs affluent et j'ai pris conscience que la vie est un cadeau merveilleux. Ma vie n'est vraiment plus la même. J'agis avec plus d'indulgence, d'amour et de compassion. Le chemin est encore long, mais je continue sur cette lancée avec l'Amour comme seul et unique guide. »

 

Si les EMI de nature transcendante, dont le témoignage ci-dessus est une bonne illustration, représentent la forme extrême des états modifiés de conscience, ces échappées dans une autre dimension de la réalité ne s’expriment pas toujours sur un mode aussi intense. La plupart des phénomènes abordés dans les chapitres suivants se manifestent de façon beaucoup plus modérée. Le sommeil et le rêve, expérimentés quotidiennement par chacun d’entre nous, sont de ceux-là. Il n’en demeure pas moins que certaines pratiques de méditations, des états d’hypnose profonde ou encore l’usage de drogues hallucinogènes puissantes présentent parfois de fortes similitudes avec l’expérience de mort imminente. Mais avant de nous intéresser aux thèmes qui viennent d’être énumérés voyons, dans les deux chapitres à venir, ce qu’il en est des EMC d’allure paranormale que sont la voyance et l’expérience hors du corps.

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