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Extrait du chapitre IX

 

L'HYPNOSE

 

 

Manu et le décor des Incas

Nous venons d’évoquer les EMI en relation avec le thème de l’hypnose, voici une parfaite illustration du lien qui unit ces deux états modifiés de conscience.

Manu a découvert le thème de ma recherche, en 1999, grâce au site Internet que j’avais alors consacré aux expériences de mort imminente. Il m’a fait parvenir le magnifique témoignage de son EMI vécue sous hypnose dans une supposée vie antérieure. Son compte rendu captivant, unique par son ampleur dans ce contexte-là, est soutenu par une fine analyse des faits.

 

« Je m’appelle Manu, j’ai 30 ans, j’habite en France, où s’est déroulée cette petite histoire il y a environ neuf ans. Voici une description aussi fidèle qu’humainement possible de ce qui m’est arrivé.

Cela faisait plusieurs années que je m’intéressais aux phénomènes paranormaux et l’un d’eux me touchait particulièrement : la possibilité de revivre sous hypnose des événements d’une vie antérieure... J’ai cherché, et je suis tombé sur une personne, une dame très gentille et souriante, réputée pour être capable de faire beaucoup de choses : de la guérison à l’hypnose, en passant par le magnétisme et les régressions dans des vies passées.

A ce stade, je dois vous dire que malgré mon intérêt pour le paranormal, j’étais assez sceptique et j’avais quand même du mal à croire en " tout ça ".

Ma curiosité était néanmoins suffisante pour tenter le coup. Surtout que, quelques mois avant, j’avais lu un livre intitulé " La vie après la vie " de Raymond Moody. Il y était fait très souvent allusion à un être de lumière fabuleux dont la réalité dépasse l’entendement humain. Et si j’en profitais, si cela marchait bien sûr, pour revivre une mort dans une vie passée ?

Rien de très spirituel dans ma démarche d’origine, je dois le reconnaître, mais cette dame était d’accord pour tenter l’expérience.

" Détendez-vous, écoutez votre respiration, sentez votre corps qui s’alourdit, et bla-bla, et bla-bla... " Toujours aussi sceptique, je tâchais tout de même de faire de mon mieux. Une bougie allumée dans la pénombre de la pièce était là pour symboliser la lumière et la vie, pour protection par sa simple présence.

" Une lumière bleue d’une grande pureté apparaît dans la région de votre cœur. Cette lumière, ressentez-la, voyez-la grandir tout doucement. Elle est douce et protectrice. Elle englobe maintenant tout votre corps. Doucement. Voilà qu’elle dépasse les limites de votre corps physique et fait comme un cocon bleuté autour de vous. Ce cocon, seul des êtres très évolués pourront le pénétrer au cours de notre expérience. Il est votre protection absolue. " Là, je dois admettre que je me sentais plutôt bien et à l’aise. Très agréable.

" Un mouvement comme une sorte de tourbillon se dessine autour de vous, très lent. Ce léger tourbillon vous entraîne doucement. Vous êtes détendu, vous flottez dans le tourbillon. Le mouvement s’accélère maintenant et vous êtes toujours entraîné. Vous voyez le centre du tourbillon, il vous attire irrésistiblement, de plus en plus vite. Quand vous serez aspiré par l’œil du tourbillon, vous émergerez dans une vie passée, n’importe laquelle, quelques instants avant votre mort. Vous allez de plus en plus vite, le tourbillon vous emporte toujours vers son centre, plus vite, plus vite, très vite ! Vous ne voyez plus que ce centre et vous tombez dedans MAINTENANT ! Vous ÊTES au centre du tourbillon !!! Que voyez-vous ? Dites-moi ce que vous voyez !!! "

Alors là, je ne rigolais plus du tout ! Son coup du tourbillon c’était phénoménal ! Arrivé au centre, j’ai failli crier ! Et là, bref instant de noir, sensation de flotter une demi seconde... Et me voilà qui émerge dans un paysage tout à fait inconnu, entouré par des gens inconnus à une époque... pas si inconnue que ça ! Je suis quelque part comme en Amérique centrale, à l’époque des Mayas, Aztèques et autres Toltèques. Je suis prisonnier de guerre, une des tribus en conflit m’a capturé. Allongé sur une grande pierre plate, je suis attaché, bras et jambes écartés. Au-dessus de moi, le grand sorcier du coin brandit une pierre pointue et aiguisée. Nous dominons tout le reste de la tribu qui semble en proie à une grande agitation...

Drôle de sensation. J’étais à la fois conscient d’être sur un canapé confortable avec la dame qui me dirigeait, et à la fois en train de regarder, de dedans et de dehors (c’est vraiment difficile à expliquer...) ce personnage allongé sur sa pierre. Aucun doute, c’était moi, allongé là, mais je pouvais me voir, à travers le temps, depuis mon canapé...

Mon sorcier n’était pas bien beau, comme dans les livres ou à la télé. Peinturluré de toutes les couleurs, il grimaçait et hurlait afin d’entretenir l’excitation de l’assemblée. Puis, est arrivé ce qui devait arriver. Il leva très haut sa grande pierre aiguisée et me l’enfonça droit dans le cœur.

Pas terrible, comme mort, n’est ce pas ?

Mais tout cela n’est que du détail, le meilleur reste à venir. D’ailleurs, je me demande toujours, presque dix ans plus tard si ce n’est pas mon imagination qui m’a monté toute cette magnifique mise en scène. Je la connais, elle est largement assez riche pour ça... Par contre, la suite, je suis persuadé que mon imagination n’y est pour rien, mais alors rien du tout ! Pourquoi ? Tout simplement parce que, cette fois-ci, elle aurait été bien incapable, et de loin, d’inventer ne serait-ce que le centième de ce que j’allais vivre.

Instantanément, je flotte au-dessus de mon corps. Tout ça pour voir le sorcier m’extirper le cœur de la poitrine et le brandir à ses fidèles au comble de l’excitation. Mais ce n’est pas cela qui m’intéresse, car je suis aussi dans mon canapé et je sais ce que je cherche. La distance " temporelle " agit comme un filtre et je peux facilement me sentir très " spectateur " de tout ce que je vois, bien qu’il s’agisse de ma propre douleur...

Je détourne les yeux (ou plutôt l’équivalent de l’organe de la vue étant donné mon état désincarné) et je scrute autour de moi. Une présence ! C’est évident. Une présence tourne autour de moi et cherche à me contacter. Mais je sens qu’elle n’y arrive pas. Il s’agit manifestement d’un autre désincarné. M’attendant à la rencontre avec l’être de lumière, je cherchais sa présence dans cette présence flottant autour de moi. Puis, je me souviens avoir murmuré à la dame, mon guide : " Ce n’est pas lui ". La pauvre ne comprenait pas grand chose de ce que je vivais, car je ne lui racontais que brièvement mes découvertes, occupé que j’étais à les revivre... Je m’apprêtais à le lui expliquer un peu mieux quand un point de lumière apparut au loin... Venu de nulle part, il emplit soudain tout l’espace. Le temps que je me demande de quoi il s’agissait, Il était là ! Instantanément ! Cette fois, c’était Lui, l’Être de lumière ! Là, le doute n’est plus permis. Quelle puissance ! Quelle beauté ! Quel Amour infini ! Quelle compassion ! Quelle compréhension ! Je suis aussitôt tombé à genoux (j’avais donc des genoux !?), " bras " écartés, incapable de faire un autre geste. La présence m’absorbait, m’englobait, me chérissait, m’aimait, me comprenait, m’expliquait, me montrait, me guérissait, me pardonnait et... me faisait rire ! Aux éclats ! Oui, Elle était aussi la manifestation de l’humour ! Et tout ça sans échanger un seul " mot ". Sa simple présence comportait tout ce que j’ai cité. En fait, la communication est attachée à " l’état d’être ". Elle fait partie de nous car nous existons. Et c’est ce mode direct qu’utilise l’Être... (Que les mots sont inadéquats !)

Je vais essayer de décrire l’Être encore mieux.— constatez la majuscule au mot " Être " : je ne peux m’empêcher de la mettre, car rien ni personne sur cette terre ne me semble mériter mieux ce signe de respect. Imaginez le soleil (l’image est quasi parfaite), mais celui-ci quitte sa position dans le ciel et... vient vers vous ! Maintenant, remplacez sa présence (la vue que vous avez de lui) par de la PUISSANCE. À l’état brut et absolu. Il peut tout, rien ne lui est étranger dans cet univers, rien n’existe hors Lui. Il EST. Ensuite remplacez la chaleur du soleil par de l’AMOUR. L’Amour absolu, celui qui ne calcule pas, celui qui guérit, pardonne, dilate, qui ne juge pas, qui réchauffe, qui est inconditionnel, qui compatit... L’Amour puissance des milliards ! À la limite de ce que vous pouvez supporter sans que votre conscience ne fonde en essayant de hurler de bonheur. Indescriptible ! Pour finir, remplacez la lumière du soleil par de la CONNAISSANCE. Bizarre, non ? La connaissance de tout ce qui est, de tout ce qui a été et de tout ce qui sera. La connaissance absolue de tout, tout, tout. Avec vous au milieu, soudain capable d’envisager une telle omniscience. Pire, l’Être ne connaît pas, il EST la connaissance ! Le savoir final, le pourquoi de toute chose, le Début et la Fin.

La gentille dame m’a dit par la suite que mon visage semblait transfiguré de bonheur. Je la crois sans problème ! Même un ver de terre aurait été transfiguré par une telle présence...

Comme redoutant ce qui pouvait advenir (du genre que je ne veuille plus revenir...), c’est justement la dame qui m’a commandé, ordonné, de faire cesser mon expérience. Impossible de s’arracher à La présence ? Pas du tout. La pensée, votre pensée est bien plus puissante que vous ne l’imaginez, surtout décorporée... Une pensée, une seule, a suffi pour que l’Être disparaisse instantanément de ma vue.

Est-ce que, depuis, je regrette son absence ? C’est évident. Toutefois, l’Être de lumière qui m’est apparu ce jour là ne m’a jamais vraiment quitté. Je dirais même qu’il avait toujours été avec moi et qu’il le sera désormais encore plus, conscient que je suis devenu de son existence.[1] Peut-être comprenez-vous un peu mieux maintenant ce que j’ai voulu dire en écrivant, un peu plus haut, que mon imagination aurait été incapable d’inventer le centième de ce que j’allais vivre. Et je persiste ! À quiconque essaiera de me démontrer que j’ai rêvé, halluciné ou quoi que ce soit, je répondrai : " Désolé, je ne sais pas vraiment l’expliquer, mais je sais que ce que j’ai vu, je l’ai vu. "

La suite ? La vie m’a emporté à 200 à l’heure et, trop jeune, je n’ai jamais pu remercier suffisamment la gentille dame ; mais je la retrouverai. Ma recherche spirituelle ne connaît pas de bornes aujourd’hui et je la poursuis sans relâche. Hors de toute religion établie mais sans en renier aucune. Avec la conscience claire que toutes sont des chemins différents menant au même Dieu. Ma notion de Dieu est désormais bien plus claire qu’avant : je sais aujourd’hui notre petitesse et notre vanité d’humains à vouloir le tutoyer ou, pire, à vouloir nous passer de Lui...»

 

On ne manquera pas d’être frappé, dans ce témoignage, par le réalisme du vécu et les répercussions de cette EMI induite par la régression hypnotique, en tous points comparable au schéma d’une EMI classique. Un constat riche de promesses pour de futures recherches. Remarquons encore que Manu différencie nettement ce qui est susceptible de relever de son propre imaginaire, la scène du sacrifice en l’occurrence, de l’épisode transcendant qui semble appartenir à un autre versant de la réalité : « mon imagination aurait été incapable d’inventer le centième de ce que j’allais vivre ». Cette distinction laisse à penser que la partie transcendante de tout EMC est un épisode indépendant du contexte qui en dessine les premières phases.


 

[1] C'est moi qui souligne, tant cet aspect du témoignage confirme le sentiment de la présence, en chacun de nous, d'une parcelle divine qui nous lie à la Supra Conscience et nous rattache les uns aux autres, en dépit des apparences ; trompeuses, comme on le sait.

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