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Extraits du chapitre 5

 

La voyance

 

Une intuitivité plus performante ?

 

Difficile de nier que certains sujets semblent pourvus d’une intuitivité supérieure à la moyenne, une sorte de faculté naturelle à la voyance. Il est sans doute banal d’avancer que cette aptitude est plus marquée chez les femmes, car à l’évidence la profession compte beaucoup plus de voyantes que de voyants. Ce constat incite à revenir, avec d'autres éléments, sur cette intuitivité féminine évoquée au premier chapitre.

Il y a peu, on s’est rendu compte que le cerveau féminin fonctionnait d’une façon plus globale et plus intuitive que son homologue masculin. Cette découverte[1], à considérer avec prudence, amène à réfléchir sur l’organisation des structures cérébrales impliquées dans la perception extrasensorielle, plus particulièrement celle manifestée par les femmes métagnomes. En ce sens, la probable corrélation entre le pourcentage élevé de femmes qui pratiquent la voyance et le fonctionnement plus global du cerveau féminin est une donnée intéressante.

On se doutait depuis longtemps que les cerveaux féminins et masculins ne se situaient pas tout à fait sur la même longueur d’onde, si l’on peut dire. Il fut même une époque où l’on jugeait que la longueur d’onde féminine était bien plus modeste que celle de l’homme, preuve d’un cerveau moins performant. Et les plus misogynes usaient volontiers de ce genre d’argutie pour expliquer les faibles taux de représentation universitaire ou professionnelle des femmes. En négligeant, bien entendu, les véritables raisons de ces différences qui tenaient, tout simplement, à un élément culturel induisant une sous représentation de l’effectif féminin alors exclu des domaines du savoir — de nos jours, juste retour des choses, le processus s’est inversé.

Une telle ségrégation est d’autant plus affligeante, avec le recul, qu’un fonctionnement global du cerveau est bien loin d’être une tare. Ce serait plutôt le signe d’une efficience supérieure, d’une plus grande capacité à intégrer un nombre élevé de paramètres ; desquels l’aspect émotionnel n’est pas le moindre. Gare cependant à la masculinisation grandissante des cerveaux féminins, conséquence d’une évolution privilégiant la pensée rationnelle, analytique, au détriment d’une approche analogique, intuitive et globale. Elle suggère, à terme, que les femmes risquent de perdre progressivement, à leur tour, cette aptitude innée dont bénéficiait sans doute l’ensemble du genre humain des premiers âges. À savoir une sorte de sixième sens qui permet à une mère de percevoir, plus ou moins clairement, un danger qui menace son bébé dont elle se trouve momentanément éloignée[2]. Réciproquement, le nourrisson, qu’il s’agisse d’une fille ou un garçon, se montrera sensible aux variations émotionnelles de la mère qu’il traduira par des sourires et des babils. Ou, à l’inverse, s’il perçoit des ondes négatives, par des pleurs, un refus de s’alimenter, de l’agitation ou de la prostration.

Ce mode fusionnel, qui semble en partie bâti sur une mystérieuse composante télépathique, est comparable à celui des personnes très liées affectivement (jumeaux ou amants) ayant de fréquentes communautés de pensées et de comportements. Par ailleurs, rares sont les personnes, si j’en crois mon expérience et les informations que j’ai recueillies, n’ayant jamais été confrontées, au moins une fois dans leur vie, à un phénomène télépathique fortuit. Il n’en reste pas moins que les neurosciences demeurent impuissantes à rendre compte de ces étonnantes transmissions de pensées, préférant les nier ou les attribuer au hasard. On saisit d’autant mieux la pertinence du dicton qui pose que « le hasard fait bien les choses » puisque ces phénomènes, très ordinaires au demeurant, épargnent de préférence les sceptiques.


 

[1] Travaux publiés dans Nature, février 1995, par les neurobiologistes Bennet et Sally Shaywitz.

[2] À propos de cette faculté maternelle de ressentir un danger encouru par le bébé, Élisabeth Laborde-Nottale remarque : « Le fait est particulièrement surprenant dans des situations d'urgence, de danger imminent ou de catastrophe ; quand, brusquement, mue par une sorte d'intuition, elle (la mère) se précipite dans la salle de bains ou dans la cuisine, juste à temps pour éviter une noyade, une électrocution ou une brûlure, elle n'a pas eu une impression secondarisée, pensée, de ce qui risquait de se produire ». (La voyance et l’inconscient, Éd. du Seuil, 1990, p. 131).

 


 

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