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Extraits du chapitre 8

 

La méditation

 

Une pratique en plein essor

 

Dans les pays industrialisés, l’attrait pour les techniques de méditation et de relaxation est contemporain de la vogue orientaliste de la fin du siècle dernier et du début de ce siècle (apogée des colonialismes en Extrême-Orient). Une époque où la pratique de la relaxation mentale et physique s’inspirait du yoga, terme sanskrit qui désigne l’action d’unir et de maîtriser — le corps et l’esprit en l’occurrence. Cette discipline du corps et de l’esprit a vu le jour il y a fort longtemps, dans la vallée de l’Indus, entre 2500 et 1500 ans avant notre ère.

À ses débuts en Occident, le yoga était réservé à une élite cultivée, issue d’une catégorie sociale aisée, qui disposait d’un temps de loisir sans commune mesure avec celui de la majorité laborieuse d’alors. Au cours de la deuxième moitié du XXè siècle, l’accroissement du niveau de vie, avec son corollaire de stress au quotidien, a favorisé la propagation des pratiques de relaxation psychophysique. La demande augmentant l’offre s’est diversifiée, ne faisant plus seulement référence au yoga. De l’attrait pour une mode fleurant l’exotisme de bon goût, partagée par quelques privilégiés du début de ce siècle, au phénomène de société qu’elles représentent aujourd’hui, ces pratiques ont su évoluer pour répondre aux besoins d’une frange croissante de la collectivité. Il en résulte que l’on compte actuellement quantité de méthodes reconnues pour leurs vertus préventives, voire curatives, et de lieux d’enseignements accessibles à tous. D’ailleurs, leurs effets thérapeutiques, tant sur le plan physique que psychique, sont mis à contribution par divers secteurs de la santé.

Parallèlement à la recherche d’un juste équilibre entre le corps et l’esprit, la pratique de la méditation offre l’accès à une dimension spirituelle qui a la faveur de courants de pensée en pleine expansion. Désormais, ces techniques sont autant utilisées, sinon davantage, pour la philosophie dont elles procèdent que dans la perspective d’une régénération ponctuelle des organismes surmenés. Ainsi, hors du contexte sanitaire et de la vogue cure de Jouvence, quelques mouvances invoquent-elles une motivation spirituelle parfaitement compatible avec une vocation thérapeutique. Un minimum de prudence s’impose cependant car, sous le couvert de vagues principes humanistes et spirituels, certaines organisations demeurent assez floues quant à leurs véritables mobiles. On relève même que des sectes pourvoient à leur recrutement par le biais d’écoles de yoga, des couvertures à l’aspect anodin qui autorisent un prosélytisme discret[1]. Il faut toutefois se garder de verser dans la sectophobie[2] outrancière de notre époque, prompte à la confusion, en clouant au pilori tout mouvement qui n’entre pas dans la norme.


 

[1] Ces structures, heureusement marginales, sont bien connues des spécialistes. Voir, entre autres, J. Cotta et P. Martin, Dans le secret des sectes, Flammarion, 1992 et H. E. Mountacir, Les enfants des sectes, Arthème Fayard, 1994.

[2] Titre de l'ouvrage de J. Labruyère, Les 3 Monts, 2000.

 

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