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SOMMAIRE
 
 
 
 
 

Avant-propos

Chapitre I   Questions de conscience

Quelle conscience ?

Supra-Conscience et Énergie Fondamentale

Matière et conscience

Les limites du discours rationaliste

Une biologie de l'intuition

 

Chapitre II   Les États Modifiés de Conscience

L'expérience d'une réalité autre

Périodicité et ampleur des modifications

Les contextes inducteurs

Des phénomènes collectifs

La dimension affective

 

Chapitre III   La Mort

La mort du corps

Quand l'issue contredit les pronostics

Lorsque la vie fait une pause

Les prétentions cryogénistes

La mort de l'Être

Un tabou majeur

La mort déshumanisée

Les derniers instants

 

Chapitre IV   L'Expérience de Mort Imminente

Aux frontières de l'au-delà

Morts ou vifs...

Pourquoi vivent-ils une EMI ?

Une EMI « en différé »

 

Chapitre V   La voyance

Une intuitivité plus performante ?

Les sensitifs du règne animal

Une longue histoire

L'art et les manières

Dans la mémoire flottante

Dans les cartes

Quand la psy rencontre le psi

 

Chapitre VI   L'Expérience Hors du Corps

Les traits caractéristiques

Du concept de réalité objective

Transe et extase

Phénomène normal, hallucinatoire ou paranormal ?

Au banc d'essai

Les voyages extra-corporels de Monroe

Un phénomène récurrent

Une composante du Rêve Lucide

 

Chapitre VII   Le sommeil et le rêve

Le temps rêvé

Le sommeil paradoxal

Rêves et psychanalyse

Le désir érotique

Le veilleur

Le rêve lucide

L'expérimentation du rêve lucide

Le rêve paranormal

Le lien tragique

Gérard et la belle amérindienne

 

Chapitre VIII   La Méditation

Une pratique en plein essor

Des techniques à visée thérapeutique

Traditions et expériences mystiques

Les extraordinaires pouvoirs de la Kundalini

Un océan d'énergie

D'étonnantes performances physiologiques

 

Chapitre IX   L'hypnose

Un bref historique

Sans magie

Un large éventail thérapeutique

Profondeur de la transe hypnotique

Manu et le décor des Incas

Nouvelle hypnose et autonomie de la conscience

Mysticisme et stigmates

 

Chapitre X   Les hallucinogènes

Le Cannabis

L'Ayahuasca

L'Iboga

Les transes psychédéliques de Carlos Castaneda

‑ La puissance du Mescalito

‑ La petite fumée

‑ Les prodigieux pouvoirs de l'herbe du diable

Le LSD, un puissant inducteur

La thérapie psychédélique au LSD

‑ 1) Les expériences abstraites et esthétiques

‑ 2) Les expériences psychodynamiques

‑ 3) Les expériences périnatales

‑ 4) Les expériences transpersonnelles

Hors du contexte expérimental

 

Chapitre XI   Des théories hors normes

Une conscience impliée

Une conscience holographique

Une conscience Morphogénétique

Une conscience Superlumineuse

Une conscience dans l'ADN

D'une conscience cosmique à une conscience quantique

 

Épilogue

Annexe : Bradyons, luxons et tachyons

Bibliographie


Parce que les forces en mouvement qui nous animent et nous entourent échappent à nos sens et à notre raison, nous sommes tentés de les ignorer ou de les refouler. Pour les Indiens, l'inexplicable n'est pas source d'inquiétude, mais au contraire l'expression rassurante de ces forces magiques qu'il devient nécessaire de sentir pour provoquer le bien et orienter le modeste destin de chacun.

        Jean-Patrick Costa[1]

 

  

AVANT-PROPOS

 

 

 

En matière de certitudes l'être humain est plutôt prévoyant, il accumule. Et, dans le stock de ses convictions, la notion de réalité demeure de loin la plus ferme. Sa perception du réel n'en est pas moins subordonnée à la manière dont il traite l'information recueillie par les cinq sens et à la signification qu'il lui donnera. Il voit, entend, touche, sent, goûte… et interprète aussitôt ses sensations en fonction du registre auquel il a coutume de se référer depuis sa plus tendre enfance. Cette approche, validée au fil des générations, conforte son sentiment de l'existence d'une réalité unique, la réalité ordinaire.

Mais imaginons un instant que cette réalité ordinaire ne soit qu'une sorte de trompe-l'œil, un artefact, dont nos sens seraient les complices involontaires. En effet, de nombreux états modifiés de conscience, tels le rêve ou l'hypnose, mettent en cause l'unicité de cette réalité-là, pourtant admise comme une référence universelle. Dans cette perspective, selon certains expérimentateurs, elle ne serait que l'aspect le plus manifeste d'une réalité infiniment plus vaste. Une assertion soutenue par le fait que, sans même compter le temps de sommeil, l'homme passe une grande partie de son existence en état modifié de conscience, déconnecté de cette réalité ordinaire supposée lui servir de repère.

En effet, dans le quotidien, un état modifié de conscience (EMC) peut survenir lorsque le sujet s'investit profondément dans une activité, physique ou intellectuelle, qui le contraint à une attention soutenue. Il expérimente ainsi des états modifiés de conscience plus ou moins importants, parfois de l'ordre de quelques secondes, quand il effectue des travaux manuels répétitifs, joue d'un instrument de musique avec passion, se plonge dans un roman captivant ou une lecture qui requiert une grande concentration, compose sa grille de Loto ou son ticket de tiercé avec ferveur, regarde un programme télévisuel ou un film, écoute un orateur charismatique ou une symphonie sublime, est obnubilé par une relation amoureuse, suit un exposé passionnant, assiste à une rencontre sportive palpitante, consomme un mets qui ravive des souvenirs affectifs ou une boisson qui produit une forme d'ébriété, s'investit dans la prière avec dévotion, est submergé de travail à son bureau ou, au contraire, s'y ennuie, etc. À la réflexion, on en viendrait à croire que l'homme s'évertue à s'abstraire de son état de conscience ordinaire, en accord avec la réalité ordinaire, afin de vivre le plus souvent possible en état modifié de conscience, sur le versant de la réalité extra-ordinaire. C'est même à se demander lequel de ces deux pôles de la conscience lui est le plus familier.

Quelle est donc la nature de cette autre réalité que nous expérimentons si souvent ? En somme, quelle est la réalité de cette réalité ?

Cette dernière question n'est pas aussi saugrenue qu'il y paraît. Car des sujets ayant vécu des EMC de grande ampleur prétendent avoir accédé à des univers offrant un réalisme comparable, voire supérieur, à celui de la réalité ordinaire. Ils affirment que notre conscience est en mesure d'appréhender différents types et niveaux de réalité, sans liens tangibles avec la réalité consensuelle reconnue du plus grand nombre.

Et notre rationalisme vacille dès lors que ces EMC semblent offrir à la conscience un statut d'autonomie que peu d'entre nous acceptent de lui concéder. Surtout lorsque l'une de ces catégories d'EMC, l'Expérience de Mort Imminente (EMI), laisse à penser que cette autonomie aboutirait à une complète indépendance à l'instant de la mort. Dans un précédent livre, La vie à corps perdu, consacré aux EMI[2] j'ai montré que cette hypothèse était soutenue par des indices sérieux, pour ne pas dire objectifs. D'ailleurs, l'Expérience de Mort Imminente est d'un tel intérêt que nous y reviendrons plus d'une fois dans le cours de l'ouvrage.

Cela étant, en dépit de sa légitimité, l'étude des EMC les plus extrêmes ne fait pas l'unanimité dans le grand public, et encore moins parmi les scientifiques. Pour nombre d'entre eux ces phénomènes sont dans l'air du temps, tout bonnement. En ce sens ils relèvent d'une vogue puérile qui accorde une place excessive aux thèmes spirituels et survivalistes.

Jugée naïve à notre époque, la question d'une forme de survie de la conscience vient pourtant au premier rang de celles que l'homme se pose depuis l'aube des temps. La diversité des réponses produites au fil de sa propre évolution en atteste. Toutefois, d'hier à aujourd'hui, quels que soient les modes de penser, ces réponses ne l'ont jamais pleinement satisfait. De sorte qu'il a toujours abdiqué devant cette interrogation existentielle majeure en revenant, bon gré mal gré, à la « vérité » des dogmes ; qu'ils soient religieux, philosophiques, scientifiques ou, désormais, économiques. Mais, face à une interrogation aussi fondamentale et en dépit de l'indigence des réponses, les témoignages en faveur de la survie ne cessent de s'accumuler.

Par l'examen des phénomènes favorables à l'hypothèse d'une forme d'autonomie de la conscience, l'objectif de ce livre est d'apporter de nouveaux éléments de réflexion au vaste débat sur l'après-vie. Si des indices font apparaître que la conscience s'avère capable de se séparer du support physique censé la contenir durant la vie, il sera permis d'en déduire qu'elle pourrait en faire tout autant à l'instant de la destruction de ce support.


[1] Indiens Jivaros ‑ Histoire d'une mort programmée, p. 239, Le Rocher, 1997.

[2] Ces phénomènes sont également appelés NDE, de l'anglais Near Death Experiences (Expériences proches de la mort).

 

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